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  • Manuel Espagne

anosmie post covid, l'hypnose serait-elle une solution efficace?

Symptôme fréquemment décrit dans le cadre d’infections respiratoires bénignes telles que le rhume ou la sinusite, la perte partielle ou totale du goût et de l’odorat lors d’une atteinte par le SARS-Cov2 constitue parfois la seule manifestation de la maladie, et en l’absence de confirmation biologique dans un contexte de pandémie globale, elle doit être considérée comme un signe fortement évocateur d’une infection par le virus.


En effet, nombre de patients ensuite testés positifs au Covid19 ont rapporté des altérations sensorielles relatives à l’olfaction s’étant installées précocement et n’ayant pour la majorité perduré que quelques jours, voire quelques semaines.


Son évolution naturelle semble donc être favorable dans la plupart des cas, une récente étude multicentrique réalisée en Suisse et en France indique que 44% des patients avaient récupéré sans séquelles 15 jours après les premiers symptômes, et montre que l’anosmie n’avait persisté que pour 10% d’entre eux après trois mois.


L’olfaction est une fonction complexe, aux composante à la fois sensorielles, mémorielles et émotionnelles, résultant de l’interactions entre des structures anatomiques et des centres nerveux spécialisés. Ses organes jouent également un rôle immunitaire de premier ordre.

La voie sensorielle olfactive est constituée de la muqueuse nasale, de terminaisons nerveuses situées dans l’épithélium sensoriel, des tissus de soutien, des bulbes et nerfs olfactifs, des différents noyaux gris et enfin des aires corticales associatives dédiées à l’intégration et au traitement des signaux.


Parmi ces organes spécialisés se trouvent des formations appelées amygdales qui sont particulièrement impliquées dans les réactions inconscientes de stress et de défense de l’organisme. Elles entretiennent un rapport étroit avec d'autres structures cérébrales nommées hippocampes pouvant être comparée à une bibliothèque où sont stockées certaines informations relatives à notre mémoire.


Elles jouent dès lors un rôle fondamental au sein des réseaux neuronaux responsables de l’olfaction, et si à de rares exceptions près leur intégrité ne semble pas être compromise dans le cadre de l’atteinte par le coronavirus et de l'anosmie qui en résulte, leur sur-activation (entre-autres par l’accumulation d’évènements au vécu traumatisant) pourrait être une des causes possibles de son installation dans la durée.

Suivant une hypothèse selon laquelle il est possible de réguler et de réduire cette suractivité, et dans la mesure où un sujet en état de transe hypnotique est généralement très sensible aux suggestions kinesthésiques, l’hypnose semble avoir démontré une véritable efficacité pour la restauration de fonctions sensorielles altérées, telles que le goût et l’odorat dans le cas qui nous intéresse.


En plus d’aider à rétablir et à optimiser les rapports entre fonctions organiques et centres nerveux, l’hypnose a également apporté la preuve de sa capacité à réduire certaines réactions inflammatoires aussi bien sur un plan tissulaire que systémique.

Dans les domaines médico-chirurgicaux où elle est régulièrement employée, elle semble contribuer à une meilleure récupération post-interventionnelle, à une atténuation des douleurs et de l’angoisse, et elle contribue plus généralement au mieux-être des patients.


Il n'est donc pas étonnant que l'hypnose puisse être envisagée comme une solution viable, non invasive et sans effets secondaires pour le traitement de l'anosmie.

En fait, elle apparait à ce jour comme un des procédés les plus sûrs, dont les résultats très rapides et convaincants constituent un véritable soulagement pour ces malades privés d'odorat.


Enfin, comme après tout accident et une fois sur la voie de la récupération, il est indispensable d’envisager une forme de rééducation olfactive constituée d’une à deux séances complémentaires au cabinet ainsi que d’exercices à partir de concentrés et d’essences aromatiques, à réaliser au domicile en respectant une certaine logique aussi bien sur un plan pratique que physico-chimique.